(BIG ISLAND) L’archipel hawaïen est loin d’être l’apanage des abonnés aux transats de plage. Ses cadres tropicaux, volcaniques ou marins en font une destination de choix pour les amateurs d’aventure. Cap sur deux îles qui fleurent bon l’expédition. La seconde: Big Island, un magma d’énigmes.

Lave en fusion et plages insolites à profusion: voilà ce que recèle Big Island, où l’activité volcanique a redoublé d’intensité dans les derniers mois.

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Son point commun avec Kauai? Un réseau de sentiers de randonnée très étendu. Mais ici s’arrête la comparaison, car les écosystèmes des deux îles s’avèrent fort contrastés.

Une discordance particulièrement évidente dès l’orée du parc national des Volcans, où la végétation a fait les frais de régulières éruptions au fil des siècles. Située dans le sud de l’île, cette aire aux airs de désolation regorge de curiosités à explorer, au premier rang desquelles la caldeira du Kilauea, immense cratère dont l’activité s’est décuplée en 2014.

Revers de la médaille, une partie du parc ainsi que les zones d’écoulement de lave active, plus à l’est, ont été fermées dans les derniers mois. On peut cependant observer la caldeira à distance, au Musée Jaggar, et admirer son rougeoiement colérique la nuit tombée.

Aux dernières nouvelles, de nombreux chemins de randonnée du parc étaient toujours ouverts. La plupart d’entre eux serpentent dans des décors cataclysmiques, notamment Iki Kilauea, une boucle de 6,4 km, ou encore Pu’u Huluhulu (un aller-retour facile de 4 km).

L’extrême sud du parc, accessible en auto uniquement, réserve son lot de surprises. Après qu’on a observé de mystérieux pétroglyphes – d’antiques gravures anonymes -, la route s’arrête abruptement: d’épaisses coulées de lave séchée couvrent la chaussée et créent une impasse insolite. C’est ce qu’on appelle… la fin du monde. Mais pas la fin du voyage, car les amoureux des cratères pourront pousser plus loin en empruntant la route 200, qui traverse Big Island de part en part et s’immisce entre les volcans Mauna Kea et Mauna Loa.

Une lave imprévisible

En dépit de tous les outils scientifiques, il est impossible de prévoir précisément les caprices volcaniques. C’est pourquoi il est impératif de se renseigner, la veille ou le jour même de toute visite, sur les conditions d’éruption et les zones fermées au public. Consulter pour cela le site gouvernemental officiel. On peut aussi se rendre au bureau d’accueil de Kilauea, à l’entrée du parc.

Grains de beauté

À Big Island, évoquer la nuance «sable» n’a plus vraiment de sens: on peut étaler sa serviette au gré des grains de Black Sand Beach ou de Green Sand Beach, dans le sud-ouest de l’île. La première, de sable volcanique noirâtre, est aussi un havre pour tortues marines, qui se font parfois dorer la carapace sur le rivage. Équipé de masque et tuba, on peut même nager en leur compagnie!

Green Sand Beach, pour sa part, nécessite une petite heure de marche (des 4×4 vous y emmènent pour une vingtaine de dollars) mais offre un spectacle des plus éblouissants, pareil à une prairie minérale drapée de minuscules roches vert jade. Petit bémol, l’océan est souvent houleux dans cette crique, et aucun sauveteur ne sera sur place en cas de pépin. Prudence et sagesse sont de rigueur plus que jamais.

Des poissons multicolores

N’oubliez pas vos palmes sur la côte ouest, parsemée de palpitants sites de plongée, dont ceux de la baie de Kealakekua. Mais cela est une autre aventure, à laquelle nous vous convions en images.

 

Source: lapresse.ca publié le 8 janvier 2015